BILLET DE JUILLET

Je rime et je rame

Exposition Sempé

expo sempé bordeaux

Sous un soleil de plomb, je me suis rendu au Musée Mer Marine de Bordeaux pour voir l’exposition Sempé.
Le nouveau musée bordelais présente l’expo Sempé en liberté jusqu’au mois d’octobre. Cette rétrospective présente le parcours du dessinateur et rassemble plus de 300 dessins.
De ces premiers dessins de presse publiés dans Sud Ouest Dimanche jusqu’aux couvertures du New Yorker on retrouve toujours la même poésie et l’on sent le style se préciser au fil de la visite. Toujours avec bienveillance, Jean-Jacques Sempé dessine le monde qui l’entoure et perfectionne son art du décalage tout au long de sa carrière. J’ai vu de nombreuses expositions de dessinateurs et c’est le seul artiste chez qui j’ai vu une pratique des contrastes aussi perfectionnée. Ombre / Lumière, lourdeur / légèreté, grandeur / petitesse.
J’ai vraiment apprécié cette exposition. Je suis ressorti de la visite avec optimisme et inspiration pour de prochains dessins. C’est de loin la plus belle exposition que j’ai pu voir à Bordeaux.

sempé new yorker

Infos Pratiques

« Sempé en liberté », du 29 mai au 6 octobre
Musée Mer Marine, 89, rue des Étrangers à Bordeaux.
Ouvert de 10 à 18 heures du mercredi au vendredi et jusqu’à 19 heures, le week-end et les jours fériés.
Tarif : de 6 à 9 euros.

Site Web : Musée Mer Marine

Presse : Article dans Sud Ouest

Croquis de Montpellier

Les réunions Meetup Dessine moi Montpellier marquent une pause estivale et reprendront fin aout. Le croquis de la rue Terral avec sa belle perspective sur Sainte-Anne m’a inspiré une prochaine aquarelle.

croquis montpellier

Claudia Cardinale

Je poursuis ma série de portraits des personnages du film Il était une fois dans l’Ouest. Avec Krita je commence à mettre en couleur le dessin de Claudia Cardinale. Le crayonné préparatoire de Jill McBain rejoint celui de l’Harmonica dans l’article consacré à cette série de dessins en hommage au chef d’œuvre de Sergio Leone.

dessin claudia cardinale

UN POEME UN DESSIN

Un peu de douceur.

Billet du matin

portrait poème

Si les liens des cœurs ne sont pas des mensonges,
Oh! dites, vous devez avoir eu de doux songes,
Je n’ai fait que rêver de vous toute la nuit.
Et nous nous aimions tant! vous me disiez: Tout fuit,
Tout s’éteint, tout s’en va; ta seule image reste.
Nous devions être morts dans ce rêve céleste;
Il semblait que c’était déjà le paradis.
Oh! oui, nous étions morts, bien sûr; je vous le dis.
Nous avions tous les deux la forme de nos âmes.
Tout ce que, l’un de l’autre, ici-bas nous aimâmes
Composait notre corps de flamme et de rayons,
Et, naturellement, nous nous reconnaissions.
Il nous apparaissait des visages d’aurore
Qui nous disaient: C’est moi! la lumière sonore
Chantait; et nous étions des frissons et des voix.
Vous me disiez: écoute ! et je répondais: Vois !
Je disais: Viens-nous-en dans les profondeurs sombres;
Vivons; c’est autrefois que nous étions des ombres.
Et, mêlant nos appels et nos cris: Viens! oh! viens!
Et moi, je me rappelle, et toi, tu te souviens.
éblouis, nous chantions: — C’est nous-mêmes qui sommes
Tout ce qui nous semblait, sur la terre des hommes,
Bon, juste, grand, sublime, ineffable et charmant;
Nous sommes le regard et le rayonnement;
Le sourire de l’aube et l’odeur de la rose,
C’est nous; l’astre est le nid où notre aile se pose;
Nous avons l’infini pour sphère et pour milieu,
L’éternité pour l’âge; et, notre amour, c’est Dieu.

Victor Hugo
Série d’illustrations un poème un dessin.

La courbe de tes yeux

portrait poème

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926
Série d’illustrations un poème un dessin.

J’ai trouvé un stylo qui me convient bien… alors j’en profite avant de le perdre au milieu de ses semblables…